Le 31 octobre 1517, Martin Luther affiche ses « 95 thèses » appelant de ses vœux une réforme de l’Eglise. On dit que c’est un peu l’acte de naissance du protestantisme.
« Souviens-toi » est un impératif qui revient souvent dans la Bible. Pendant longtemps, je n’ai pas trop aimé les cultes de la Réformation car je trouvais qu’il relevait plus de la fierté identitaire que la quête d’Évangile.
Je n’aimais pas les protestants qui cultivent l’orgueil des minoritaires qui se pensent supérieurs parce que leurs ancêtres ont résisté.
Et puis j’ai réfléchi et je me suis laissé convaincre par plusieurs arguments.
- Le message central de la Réforme est la radicalité de la grâce. L’affirmation que toute la théologie doit être repensée à partir de ce point de départ.
- C’est l’affirmation des fameux seuls (Soli Deo Gloria, sola gratia, sola fide, sola scriptura : à Dieu seul la gloire ; par la grâce seule, par la seule foi, en la seule Écriture). Dans la cadre de l’Atelier protestant, nous essayons de mieux comprendre ce que signifie cette affirmation.
- Le combat de la Réforme était aussi celui de la liberté de culte, la revendication de la possibilité de croire autrement. Dans le livre de l’Exode, lorsque Dieu appelle Moïse pour être le libérateur de son peuple, ce dernier lui demande un signe. Le Seigneur répond : « Voici quel sera pour toi le signe que c’est moi qui t’envoie : quand tu auras fait sortir d’Égypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne» (Ex 3.12). La liberté de culte est présentée comme la matrice de toutes les libertés et il est juste de la célébrer. Nous aurons l’occasion de réfléchir sur ce thème à partir de la pièce de théâtre « Résister » qui sera donnée au temple de Cannes samedi prochain.
- Dans le Premier Testament, le commandement qui revient le plus grand nombre de fois est : « Tu te souviendras» et la mémoire concerne la libération : « Tu te souviendras que tu as été libéré d’Égypte. » La fête de la Pâque, Pessah, est une théâtralisation d’une libération qui est fondement de la foi et de l’éthique.
Comme le dit Antoine Nouis, le culte de la Réformation peut relever du bon usage de l’histoire qui est comprise comme un fondement à partir duquel on peut aborder les problèmes du présent selon l’adage de Nietzsche qui dit que le futur appartenait à celui qui avait la mémoire la plus longue.
Alors n’hésitons pas à célébration la Réformation pour mieux entendre les exigences de la grâce pour notre temps.
Christian Barbéry
Jeudi 26 octobre :
- à 11 h : Culte à la maison de retraite Les Bougainvillées.
Et comme chaque jeudi de 12 h à 14 h, le temple est ouvert pour partager sandwich, café, thé et paroles…
Pas d’atelier protestant pendant les vacances. Reprise le jeudi 9 novembre à 18 h 45.
FETE DE LA REFORMATION
- Pièce de théâtre « 1768 – Résister – Sous Louis XV à la tour de Constance».
Nous sommes en 1768, dans la tour de Constance ont été enfermées des femmes pour cause de « religion ». Parmi ces prisonnières, Marie Durand. Elle grave sur le mur de sa cellule ce verbe « Résister ». La pièce retrace cette page douloureuse du protestantisme français mais c’est aussi une réflexion pleine d’actualité sur la liberté de conscience et la liberté religieuse…
Libre participation aux frais.
Samedi 28 octobre à 17 h au temple de Cannes.
Soirée organisée par l’association du mémorial huguenot de l’île Sainte Marguerite.
Pièce en 4 actes par la « troupe des deux vallées ».
Echanges avec les comédiens à l’issue de la représentation autour d’un verre de l’amitié.
- Dimanche 29 octobre à 10 h 15 au temple : CULTE DE LA REFORMATION avec Cène.
Nous nous souvenons du jour où Martin Luther affiche ses « 95 thèses » appelant une réforme de l’Eglise. C’était un 31 octobre 1517.
La prédication sera assurée par le pasteur Raymond Dodré et la liturgie par Christian Barbéry.
Attention au changement d’heure : nous passons à l’heure d’hiver.
LA SEMAINE PROCHAINE
- Dimanche 5 novembre à 10 h 15 au temple : Culte avec Cène.
PRIERE
« Je ne veux, Seigneur, ni argent ni or. Donne-moi une foi ferme et inébranlable. Je ne cherche, Seigneur, ni plaisirs ni joies de ce monde.
Console-moi et affermis-moi par ta sainte Parole. Je ne Te demande pas honneurs et considération d’ici-bas : ils ne peuvent en rien me rapprocher de Toi.
Donne-moi ton Saint-Esprit. Qu’il éclaire mon cœur et me fortifie. Qu’il me console dans mon angoisse et ma misère.
Garde-moi jusqu’à la mort dans la vraie foi, dans la ferme confiance en Ta grâce.
Amen. »
Martin Luther (1483-1546)